Dur dur de cuisiner

Publié le par isabou

Dur dur de cuisiner !! 

Les Français aiment la bonne cuisine, et en règle générale, on peut toujours se débrouiller pour recréer son environnement culinaire, avec quelques petits aménagements.

A Bangalore, il faut une imagination débordante pour sentir les saveurs et arômes de notre contrée lointaine.

Rien n'a le même goût, les épices modifient tout.

Même si je fais la cuisine moi même, ce qui est nettement moins plaisant qu'en France métropolitaine ou en Guadeloupe, je ne m'y retrouve jamais. J'ai l'impression de tout rater.

Alors cela entame beaucoup mon désir de faire des expériences gustatives, et je lâche prise assez souvent, je me contente de choses simples comme les omelettes au maïs (ici les oeufs sont blancs mais, heureusement, ce sont quand même des oeufs !!).

Certains jours nous n'avons envie de rien de ce qui nous entoure, il suffit que nous soyons sortis de chez nous et que nous ayons humé quelques relents désagréables dans des quartiers plus que douteux, et voilà, nous n'avons plus aucune imagination gourmande. 

Alors, que faire ? Manger invariablement de la cuisine Indienne ? D'aucun vous diront que ce n'est pas possible pour nos intestins fragiles et inhabitués. D'autant qu'à Bangalore nous ne pouvons manger que de la cuisine de l'Inde du Sud, qui est assez relevée, et toujours en sauce.

Notre souhait le plus profond est de rester en bonne santé et de ne pas revenir en France en Little Boudha.

Tout ceci fait que nous nous mettons à rêver d'escalopes de veau au roquefort, ou, pour les plus jeunes, de Nutella, qui est en rupture de stock dans toute l'Inde en ce moment, pour des raisons économiques obscures, probablement une guerre commerciale entre deux fournisseurs.

Vous me direz que nous avons quand même un large choix de fruits et légumes, donc, ce serait peut être judicieux de devenir végétariens ! La viande n'a pas vraiment le bon goût auquel on s'attendrait, les animaux n'ont pas été nourris comme dans les campagnes françaises.

Admettons que la cuisine est un des aspects culturels pour lequel les Français ont le moins de souplesse. N'empêche que même avec la plus grande volonté du monde, il m'arrive de ne pas avoir envie de manger autre chose que des fruits, qui sont excellents et variés. Mais il faut que je nourrisse les enfants qui déjeunent très mal à TISB, et Thierry qui ne prend rarement plus qu'un sandwich le midi.

J'ai essayé d'élaborer quelques fiches recettes simples avec des produits d'ici, pour me convaincre et me motiver, et je vante les mérites de la cuisine artisanale... Mais rien n'est vraiment au point. Je fais des gâteaux et des gratins dans un four vraiment inefficace, alors le résultat visuel n'est pas toujours à la hauteur de mes espoirs.

Heureusement il y a la cocotte minute pour les soupes, purées et ragoût de toute sorte.

Mais ce qu'il faut surtout admettre, c'est que de voir tout autour de nous cette extrême pauvreté nous plonge dans un profond sentiment de culpabilité et qu'il est vraiment impudique et décalé de se plaindre de tous ces mets délicats que nous ne pouvons pas cuisiner ici.

Publicité

Publié dans cuisine

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article